Place aux Jeux 2014: le compte-rendu!


PLACE AUX JEUX 2014

L’événement ludique de l’année à Grenoble s’est déroulé tout au long de la semaine dernière avec pas mal de soirées dans divers endroits ludiques de l’agglo avec en point d’orgue la manifestation non stop à la Halle Clémenceau presque tout le week-end !

place aux jeux

Place aux jeux est organisé par 4 associations locales:

Pour connaitre tout le programme du festival Place aux Jeux, c’est ici!

Mon emploi du temps de la semaine m’a permis de participer seulement à la journée du samedi, mais une grosse et bonne journée avec des rencontres et 2 jeux que je voulais tester. 🙂

Mais tout d’abord, quelques photos:

P1100278

Des tables bien occupées, Place aux jeux a du succès!

P1100279

Un espace ludique pour les plus petits!

P1100277Vue globale I

P1100273Pas que des jeux, de la musique aussi!

P1100276Vue globale II

P1100275Le stand de Jeux en société (animateurs/trices reconnaissables par leur tee-shirt vert!)

P1100281Le beau plateau du jeu Yedo (univers de samourails) a attiré l’oeil de mon appareil photo

NATIONS

img-5242c591effbc

Le premier des jeux testés s’intitule Nations, un gros jeu de civilisation d’auteurs finlandais, copié parait-il sur un autre jeu du même calibre et très (re)connu (« Through the Ages », TTA pour les connaisseurs). Nous avons pu jouer une partie complète à 4 joueurs avec Fabrice et ses 2 amis haut-savoyards: Stéphane et Hafed. Après une explication des règles de la part de Michel du club de Jeux en Société (merci à lui) , nous rentrons peu à peu dans Nations et ses subtilités…

Ne connaissant pas son ainé, je n’ai pas pu faire de comparaison et j’ai tout simplement pris plaisir à construire un semblant de civilisation, ce fut même une bonne surprise; et pourtant , le matériel n’est pas vraiment à la hauteur (surtout au vu du prix du jeu!) : plateaux des peuples et cartes très fins, graphismes épurées et simplistes, donnant la nette impression de jouer sur un prototype plutôt qu’un jeu déjà édité!

P1100271Vue générale des éléments du jeu Nations

Mais, passée la déception au niveau graphique,  je dois avouer que ce jeu a tout de même des atouts majeurs:

  • explications assez rapides, surtout pour un jeu de ce calibre
  • mécanique intéressante qui offre beaucoup de choix à chaque joueur
  • les tours sont plutôt fluides (sauf peut-être la première phase d’achat de chaque manche ou il faut prendre le temps de lire toutes les nouvelles cartes et comprendre leur implication)
  • pas mal d’interaction, notamment pour l’achat des cartes
  • bonne tension avec la rivalité permanente pour progresser sur les différentes pistes (militaire, connaissance ou stabilité)
  • le grand nombre et variété des cartes « progrès » de différents types: événement, guerre, bataille, conseiller, colonie, bâtiment, merveille à construire; assurant le renouvellement des parties
  • jeu équilibré avec des scores serrés: un PV est un PV!
  • le plaisir ludique, tout simplement

P1100270Le plateau d’étalage des cartes à l’achat

A noter la fourniture d’aides de jeu (une pour chaque joueur, et plutôt de bonne facture par rapport aux autres éléments du matériel car bien épaisses) qui s’avèrent fort utiles pour suivre le déroulement de chaque tour, au nombre de 8 au total , avec 4 ages et un petit décompte à chaque fin d’age puis un décompte final (un poil fastidieux, talon de feuille de score fourni apprécié!).

Chaque tour se décompose en 3 grandes phases:

  1. la phase de maintenance avec notamment le tirage de la carte événement du tour (qui définit le nombre d’architectes, le nombre de blés nécessaires pour nourrir sa population en fin de tour et une action globale spéciale possible en fin de tour aussi), des nouvelles cartes progrès à l’étalage et la phase de croissance (choix par chaque joueur de 3 unités de ressources blé/or/pierre oubien faire entrer un nouvel ouvrier en jeu)
  2. la phase d’actions (le coeur du jeu), au choix : achats de carte (à payer 1,2 ou 3 ors selon la ligne) ou placement d’ouvriers sur ses cartes progrès (en défaussant de la pierre) ou engagement d’un architecte (cube limités à chaque tour selon carte événement du tour) pour avancer dans la construction d’une de ses merveilles.
  3. la phase de résolutions: production en simultané pour chaque joueur, résolution de la guerre (si carte présente) et de la carte événement du tour

L’iconographie sur les cartes est simple mais efficace, un « carré » signifiant un effet unique alors qu’un rond un effet activé à chaque phase de production.

nations-15-1389266641nations-49-1380911709sait thoma nations

.

Exemple de quelques cartes

Un minimum de stratégie militaire semble tout de même indispensable pour non seulement contrer les guerres (et ne pas encaisser leur malus en cas de défaite: signifie que notre force militaire est strictement inférieur au niveau demandé par la guerre engagé par un joueur belliqueux) mais aussi pour pouvoir conquérir des colonies qui demande un niveau minimum de force militaire (et qui octroient bien-sûr des bonus comme des ressources ou autres), ainsi que pour rendre les cartes batailles lucratives (génération d’un nombre de ressources égales à la carte militaire engagée sur son plateau). Le revers de la médaille est qu’il faut payer nos militaires avec de la pierre ou autre ressource lors de la phase de production.

Stéphane a délaissé le militaire pour se concentrer sur la connaissance et sa stratégie n’a pas été payante. Pour ma part, j’ai pu monter sur l’échelle militaire grâce à des hoplites, des colonies et des conquistadors. La particularité du déclenchement de la guerre est qu’il faut acheter une carte noire de type guerre qui définit le niveau de guerre selon la position courante de l’acheteur sur l’échelle de la force militaire. Ainsi, un joueur très faible en militaire peut déclencher la guerre pour la manche à un niveau très faible et ainsi se protéger, un peu comme une action de diplomatie dirons-nous (sans conviction, car pas très plausible) . Par contre, il n’est pas sûr de pouvoir le faire à chaque manche car l’ordre du tour est défini selon la force militaire…

P1100268Fabrice et Stéphane , très septique sur le jeu et critique sur le système d’upgrade, lui préférant visiblement son grand frère

Les merveilles sont sympas à achever (avec l’action architecte) : j’ai construit le « stonehenge » (monument mégalithique composé d’un ensemble de structures circulaires concentriques) dès les premiers ages puis plus tard le château de Versailles (qui me rapportera 4 PV au final), alors qu’Hafed a bâti une ribambelle de merveilles au fil des ages (qui lui rapporteront des bonus en cours de partie et 3 PV au final).

Les conseillers (un seul par joueur mais remplaçable) peuvent apporter des bonus non négligeables: j’ai ainsi pu profiter plusieurs tours des faveurs de Saint-Augustin (apportant des points de connaissance si 1er sur l échelle de stabilité) puis de Marie de Médicis (beaucoup de points de connaissance symbolisée par le pictogramme livre).

nations dos boiteDos de la boîte de la VF chez Ystari

Bref un bon moment ludique pour moi et plutôt une bonne surprise, ce qui ne fut pas le cas des mes partenaires préférant son ainé TTA (mais tellement long qu’il sort difficilement dixit Michel!).

Scores: Zuton: 39, Hafed: 39; Fabrice: 37 et Stéphane: 27, durée de la partie: 3 heures environ.

En réalisant ce compte-rendu, je découvre que non seulement j’ai pris beaucoup de plaisir ludique avec un bon goût de « reviens-y » en tête mais aussi que le jeu inclut un mode solo avec un dé 6 et 24 tuiles événement dédiées: un ultime argument positif qui pourrait finir par me convaincre d’acheter ce jeu…

Les règles du jeu sont disponibles ici (fichier pdf).

Les règles en vidéo (très brèves, 2’40 ») par Gus and co sont ici et celles du site Tric Trac (plus longues mais plus complètes, 29′ environ) sont ici.

CONCORDIA

concordia VFAprès une pause à la taverne, nous découvrons Concordia, un jeu de gestion poids moyen dans le thème du commerce dans la Rome antique, de Mac Gerdts, auteur célèbre pour son système de jeu de roue d’action (utilisé dans Antike ou Navegador pour ne citer que les deux plus connus). Mais ici, point de roue d’action mais une autre ronde d’action avec… des cartes!

Le jeu a beaucoup été plébiscité lors du salon d’Essen 2013 et nous nous apprêtons à une partie à 4 joueurs sur le plateau côté carte de l’Italie antique de la version anglaise (la VF du jeu est prévue chez Ystari d’ici fin avril 2014 avec une boite de couverture plus rougeâtre: voir photo ci à gauche).

Le matériel est plutôt de bonne facture avec des éléments en bois appréciés pour les ressources et colons, les graphismes du plateau et des entrepôts jolis je trouve (avis personnel, j’ai lu ça et là que certains joueurs n’aimaient pas et ils ont bien le droit!). L’ensemble donne clairement envie de jouer, le thème est bien rendu même si on aurait préféré des illustrations accompagnant le texte trop chargé des cartes personnages.

concordia-vf2concordia-vf3

 

.

.

.

.

La mise en place diffère à chaque partie et le plateau recto verso (l’un »Italia » avec les provinces de l’Italie pour 2-4 joueurs, l’autre « Imperium » représentant l’empire romain autour de la Méditerranée pour 3-5 joueurs) doit permettre de varier les plaisirs.

concordia-vf4Le plateau côté « Italia »

Jean-Marc (encore un passionné en vert du club de Jeux en Société ) nous explique rapidement les règles en commençant par le pouvoir de chaque personnage, à savoir les cartes présentes dans le deck de départ identique de chaque joueur). Le principe est simple: on joue chacun notre tour une seule carte en appliquant son effet jusqu’ à ce qu’on joue la carte tribun permettant de récupérer toutes ses cartes (et éventuellement crée un colon).

Les personnages de base sont:

  • l’architecte qui permet de déplacer ses colons puis de construire des maisons (en défaussant la ressource produite par la ville + une brique et des sesterces dont le montant varie avec le type de ressources produites par la cité et peut doubler/tripler/quadrupler si la cité est déjà occupée par 1/2/3 joueurs: ça peut faire chère de s’installer!)
  • le diplomate qui permet de copier un personnage en jeu chez un autre joueur (action très prisée, surtout pour copier l’architecte!)
  • le préfet qui permet de produire dans une province (avec une carte bonus tournante nommée PRÆFECTUSMAGNUS) oubien percevoir le bonus en sesterce des jetons province déjà retournés (provinces qui ont donc déjà produit)
  • le colon qui permet de soit placer des nouveaux colons (terriens ou bateaux) à partir de Rome ou une de ses maisons (en payant le prix d’1 nourriture et d’1 outil), soit de recevoir 2 sesterces par colons sur le plateau
  • le marchand: le joueur commence par recevoir 3 sesterces puis peut faire du commerce avec la banque dans 2 types de marchandises: soit 2 achats, soit 2 ventes, soit un achat/vente ou vice versa, en respectant la limite des emplacements de ses entrepôts
  • le sénateur permet d’acheter une ou 2 cartes personnages présents à l’étalage en payant les ressources demandées, la carte acquise va directement dans la main du joueur et est donc directement disponible pour le prochain tour
  • le tribun permet de récupérer toutes ses cartes et un sesterce par carte récupérée au delà de la 3ème.

Grâce au sénateur, d’autres cartes (spécialistes, consul, marchand amélioré, …) viennent enrichir le deck de personnage de chaque joueur et peuvent donc rendre leur action active plus puissante. Ces cartes ont aussi la particularité d’avoir un attribut « dieu » qui permettra de scorer en fin de partie selon la nature de la carte et sa progression: un système très astucieux, même s’il présente le défaut (perso, ça ne me gêne pas plus que cela) qu’on ne sait jamais qui est en avance pendant la partie: pour y remédier, des décomptes intermédiaires sont proposés dans la règle mais ce système n’est pas très adapté car le décompte est fastidieux et ralentit le jeu).

P1100282Notre progression après plusieurs tours

 Le jeu s’achève après l’épuisement des cartes à l’étalage pour le sénateur (semble difficile à atteindre) oubien lors de la 15ème dernière maison construite par un joueur. Ce dernier reçoit 7 PV et un dernier tour a lieu pour les autres joueurs, avant le décompte final.

P1100283La partie est détendue!

 Sous de faux airs simplistes, le jeu est en réalité très exigeant mais reste en même temps léger ce qui lui donne toute sa force et son charme : il faut jouer ses cartes au bon moment et bien optimiser les échanges de ressources avec le marchand selon les provinces convoitées. Le placement sur le plateau est également primordial. L’interaction est réelle avec une course aux cités et les cartes personnages accessibles au sénateur, la carte diplomate, et la production qui peut profiter aussi à ses adversaires.

concordiaPhoto du site Ystari

On est pas aller au bout de la partie en stoppant à peu près au 2/3 mais ce test a permis de bien comprendre la mécanique du jeu qui a séduit de part son format poids moyen et sa richesse stratégique et tactique. La VF devrait donc très prochainement rejoindre les étagères de ma ludothèque!

Les règles du jeu sont ici (hébergé par Ludigaume)

News du jeu sur le site Ystari ici.

Plusieurs vidéos sur le site de Tric Trac: explication et partie.

BRUGES

bruges boite

 

En milieu de soirée, je propose une partie de Bruges à 2 joueurs (Cécile et Rémy de la région de Bourgoin-Jallieu) désirant l’essayer. Connaissant bien les règles pour avoir pratiquer une douzaine de partie sur mon exemplaire teuton (mais francisé … sans non peine grrrr!), l’explication est assez rapide. Je ne me lasse pas de ce jeu ou les parties sont toujours différentes, notamment grâce aux 165 cartes personnages uniques.

 

On a subi pas mal de menaces et on finit tous les 3 avec une seule tuile de majorité retournée, les 3 différentes car chaque joueur a suivi sa propre stratégie: les canaux pour Rémy, la piste de progrès (et les canaux aussi) pour Cécile et moi les personnages, en tentant de rentabiliser l’historien joué plutôt au début et permettant de marquer 2 PV de fin de partie par érudit dans son quartier (me rapportera 6 PV).

plateau brugesLe plateau de jeu

Je ne parviens pas à terminer une section complète de tuiles canaux, la faute à des cartes bleues manquantes lors du dernier tirage de carte, me privant de précieux PV de statue (5 PV). Les scores sont serrés: Zuton: 79 PV, Cécile: 77 PV, Rémy: 76PV et mes partenaires ont bien accroché en appréciant le jeu.

brugge-die-stadt-am-zwin

Une extension vient juste de sortir (en version allemande: « Die Stadt am Zwin ») qui permettra l’ajout d’un 5ème joueur, des cartes personnages en plus avec une nouvelle guilde, des cartes stock et des actions supplémentaires pour les dés 3 et 4.

Une vidéo en anglais présente cette extension ici.

.

 .

Voici ci dessous une photo présentant certains nouveaux éléments apportés par l’extension:

brugge-die-stadt-am-zwin2

.Le nouveau matériel de l’extension

Cette fois, j’attendrai la VF (certainement chez Filosofia) pour éviter l’impression et le découpage fastidieux des cartes personnages!

BILAN de PLACE AUX JEUX

Encore un bon cru de ce festival, à l’année prochaine!

Zuton

 

 

 

 

 

 

Publicités

Une réflexion sur “Place aux Jeux 2014: le compte-rendu!

  1. Pingback: Compte-rendu de parties d’Avril 2014 | Les expériences ludo zutones

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s